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La masturbation est-elle réellement bénéfique pour votre santé sexuelle?

La masturbation est très encouragée en ligne par la mouvance féministe. Pourtant, elle procure très peu de plaisir pour des conséquences assez regrettables sur votre vie sexuelle.

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Il est courant de tomber en ligne sur des articles vantant le bienfait de la masturbation dans votre vie. Ces articles se propagent comme des feux de forêts sur la toile. Ils attirent l’approbation de tous. Pourquoi? Parce que la masturbation est notre péché mignon. Nous en avons presque tous fait au moins pendant une période de notre vie. Et nous n’allons pas le nier, qui n’a pas envie de se faire une petite branlette rapidement et de jouir en toute tranquillité. Presque Personne.

En Haïti, récemment, il y a même des “influenceurs” zélés qui ont réalisé des petites vidéos, des micros-trottoirs pour encourager la jeunesse haïtienne (mais beaucoup plus les femmes) à aller de plus en plus vers la masturbation. Pas seulement la masturbation mais on va s’arrêter à ça car c’est le sujet qui nous intéresse. Mais il y a une propagande pour une soi-disant libération sexuelle dans la mouvance féministe qui est très suspecte. Le plus souvent, dans ces petites vidéos, on utilise toujours le même format. Il y a l’animatrice qui répète à tue-tête la propagande venant du discours des idéologues occidentaux et à coté un médecin faisant office de professionnel. Du coup, quand le professionnel va tout comme procède un juge confirmer les bienfaits de la pratique, il faudra la fermer au risque de passer pour un connard de bistrot ou encore un macho vieux jeu.

On commence le plus souvent par vous dire que la masturbation est un sujet tabou. Déjà, c’est faux. Il y a de cela 15 - 20 ans, on pourrait affirmer que la masturbation fut un sujet assez sensible en Haïti. Mais maintenant, la masturbation est un sujet très peu sensible.

Depuis qu’un média en ligne s’est permis de publier un texte louant les prouesses de la sodomie, je peux même affirmer qu’il n’y a plus de sujets qui soient tabous en Haïti. Arrêtons l’hypocrisie, parlons de masturbation si on veut et ceci ouvertement mais de façon intelligente.

Avant de dire ce que j’ai à dire, je voudrais quand même préciser que je ne connais ni les nerfs, ni les vaisseaux sanguins parcourant le pénis ou encore le vagin pour pouvoir théoriser sur le ressenti des gens pendant la masturbation. Je ne connais point la rugosité de la paume de la main pour pouvoir calculer avec précision la douceur que peuvent provoquer nos 5 doigts pendant la pratique. Cependant, pour avoir verser dans cette pratique pendant un certain temps assez long durant ma jeunesse, pour avoir discuté ouvertement avec des amis qui eux aussi ont expérimenté pendant longtemps cette pratique et finalement pour avoir passé un peu de temps à réfléchir sur le sujet, nous allons parler un peu de ce que peut ou ne peut pas nous procurer la pratique de par ces expériences. Nous ne prétendons pas vouloir exposer ici des résultats scientifiques, ni de vouloir épuiser totalement le sujet. Nous voulons simplement à partir de nos expériences et aussi des témoignages recueillis au cours de simples conversations faire une analyse des retombés réels de cette pratique dans la vie des individus.

Se masturber, que ce soit pour un homme ou pour une femme, c’est titiller à un rythme plus ou moins accélérer son sexe afin d’arriver à l’orgasme. Pour un homme, ça consiste à saisir avec la main l’organe sexuel (plus ou moins en érection) et de mimer le va-et-vient que l’on retrouve pendant un acte sexuel normal. L’avantage pour un homme, c’est qu’il peut concentrer tout son effort sur la partie la plus sensible du pénis (le gland). Il peut contrôler à volonté les frottements entre la paume de sa main et son gland. Il peut aussi ajuster le rythme avec lequel il réalise le va-et-vient de sortes à atteindre l’orgasme le plus rapidement possible.

Ceci est tellement vrai, que la notion d’éjaculation précoce n’existe pas dans la masturbation. Au contraire, l’objectif même de la pratique c’est de terminer aussi rapidement que possible. Dans mes conversations avec mes amis, j’essaie toujours de savoir ce qu’ils ressentent après avoir éjaculé lors d’une séance de masturbation. La réponse est presqu’unanime. Il y a toujours un sentiment de gêne, de culpabilité qui fait qu’on finit toujours par se dire que cette fois-ci sera la dernière. Mais tout comme une drogue, on reverse toujours dans la pratique de plus belle. Donc, il faut déjà souligner ce côté addictif de cette pratique qui devient très ennuyant avec le temps.

Dans le cas d’une femme, pour se masturber, elle s’offre beaucoup plus de possibilités. Le moyen classique consiste à frotter à l’aide de l’extrémité d’un ou de plusieurs doigts de la main son clitoris, incluant aussi des fois les lèvres du vagin. Une autre possibilité pour la femme est d’introduire un ou plusieurs de ses doigts à l’intérieur de son vagin pour stimuler les parois internes de l’organe. Cela peut aussi dans la plupart des cas conduire à l’orgasme assez rapidement. De nos jours, il y a une pratique très en vogue chez les femmes qui consiste à utiliser pour se masturber tout une panoplie d’objets sexuels tels que: des vibromasseurs, des godemichets, stimulateur de clito, stimulateur de point G … etc. Il y a toute une industrie qui a été développée pour vendre du plaisir aux femmes. Cette industrie investit ipso facto dans la propagande voulant faire passer ces pratiques sexuelles comme étant un passage obligé et salvateur pour les femmes opprimées. Il y a une vidéo de l’humoriste Noémie de Lattre ou elle fait l’éloge de la masturbation, elle avoue qu’une compagnie qui fabrique ces objets sexuels finance ses activités. Il y a aussi en Haïti, les grandes ambassades qui sont prêtes à financer tout programme allant dans le sens de la libération des mœurs.

Vous vous demandez peut-être pourquoi est-ce que des ambassades s’intéresseraient à la sexualité des gens. La raison est simple. Parce qu’on veut que la population s’abêtisse de plus en plus. Parce qu’une population qui ne peut pas réfléchir ne peut pas non plus se révolter. Une façon de vous abêtir, c’est de vous garder le plus possible dans le divertissement. De ce fait, on produit de plus en plus de séries télévisées débiles pour vous distraire. On peut aussi vous procurer de la drogue pour détruire votre capacité de raisonner. L’alcool est toujours disponible, la légalisation de certaines drogues dans certains pays développés. On peut aussi vous encourager à pratiquer le sexe comme on pratique le sport. On vous exhorte à courir continuellement, comme des détraqués, derrière un plaisir sexuel sans jamais vous satisfaire.

Tout comme pour un homme, pour une femme l’objectif de la masturbation reste encore le même. Avec ses doigts ou un autre instrument, on arrive à titiller l’organe sexuel aussi rapidement que l’on veut pour arriver le plus rapidement possible à l’orgasme. Je ne retrouve pas le même sentiment de gêne qu’expérimentent les hommes chez les femmes après l’acte. Elles sont plutôt contentes et fières après chaque séance.

Il y a cependant, que ce soit pour les femmes ou pour les hommes, une excuse avancée par les experts qui nous encouragent chaque jour à verser dans la pratique qui consiste à dire que la masturbation permet de connaitre son corps. Ceci n’est que pur mensonge. Si vous revenez à l’image que je vous ai faite plus haut de la masturbation, que ça soit chez les hommes ou encore chez les femmes, vous voyez très bien que le seul focus est l’excitation de l’organe sexuel ou d’une partie de l’organe sexuel. L’objectif n’est jamais d’aller explorer d’autres parties du corps afin de découvrir d’autres zones érogènes. Ceci n’est réalisable que dans l’acte sexuel incluant deux humains (peut être plus si vous voulez) mais jamais une seule personne.

Je n’ai jamais entendu un mec se masturbant essayer de se toucher en même temps. Il y a des femmes qui en se masturbant se caressent un peu les seins avec l’autre main. Mais ceci s’arrête là, elles n’iront pas plus loin. Alors que pendant le sexe, une femme adorera que son partenaire en la pénétrant empoigne sa ceinture, lui prodigue pleins de caresse pendant tout l’acte. Même dans le cas des relations sado-maso, l’un des deux souhaitera que son partenaire lui fasse un peu souffrir pour pouvoir prendre du plaisir. Donc, dès qu’il s’agit d’aller vers la découverte de son corps, il faut l’aide d’un partenaire. On ne peut pas le faire seul. Dire que la masturbation nous permet de découvrir notre corps est un mensonge.

Mais on peut se demander pourquoi ce discours passe aussi facilement. La raison vient du fait que la pratique est très addictive. Parce qu’elle prodigue un plaisir facile, sans souci et très rapide; comme nous vivons dans une époque où le niveau de production et les pressions sociales et économiques imposent nécessairement un niveau de consommation poussée et rapide, nous n’avons plus le temps pour apprécier le beau, le bon et le vrai. Nous voulons très rapidement aussi arriver au plaisir sexuel sans la moindre embrouille. Tout comme nous privilégions le fast food à la place d’un bon repas de famille, les conversations téléphoniques au lieu d’une visite amicale, nous cherchons aussi un plaisir sexuel rapide.

De ce fait, nous réagissons comme des cocaïnomanes dès qu’on nous offre la masturbation comme solution. Nous arrêtons de réfléchir. Nous demandons de plus en plus.

L’addiction à la masturbation a aussi comme mauvais effet de nous bloquer sur nous-mêmes. Tout le focus est sur votre personne. Vous apprenez vous mêmes à vous satisfaire. Très rapidement, on a plus besoin de l’autre. On devient auto-suffisant et dépendant d’un jouet. Vous n’avez plus la patience d’entreprendre des préliminaires plus ou moins long. D’ailleurs l’industrie vous offre des lubrifiants. Vous n’avez plus le temps pour des caresses. C’est la course à l’éjaculation qui vous préoccupe. Or comme disent les américains: “Practice makes perfect”. C’est en se caressant pendant l’acte sexuel qu’on apprend à prodiguer des caresses mais aussi qu’on apprend à son corps à être réactif par rapport aux caresses. Le fait de passer beaucoup de temps à utiliser des objets en plastiques ou en caoutchouc vont faire que votre corps ne sait réagir qu’au contact du plastique. Ne vous étonnez pas si après un certain temps, vous commencez à ressentir le besoin de vous masturber à chaque fois après des relations sexuelles avec votre conjoint.

Un autre coté pervers de la masturbation est du fait que le plaisir que vous obtenez en fin de compte est toujours moyen sauf pour la première fois quand on a découvert la pratique. Après, une bonne partie de jambes en l’air exécutée dans les règles de l’art garantissent toujours une meilleure expérience.

Tout compte fait, si vous voulez vraiment découvrir d’autres zones érogènes de votre corps, si vous voulez améliorez votre vie sexuelle, si vous voulez apprendre à votre corps à réagir aux caresses de votre conjoint, prenez le soin de faire l’amour. Surtout éviter de sombrer dans la masturbation. Mais si vous voulez très rapidement vous décharger, si votre objectif c’est de chasser le stress après une journée fatigante, faites-vous plaisir. Mais quand même allez-y avec prudence.

“Parce que la lutte est d’abord idéologique”

Par:   Boukman Duty

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