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Le monde après la pandémie par Thierry Meyssan

Les réactions politiques à la pandémie de Covid-19 laissent apparaître d’étonnantes faiblesses des démocraties occidentales : des préjugés et de l’ignorance. Au contraire, la Chine et Cuba apparaissent plus capables d’affronter le futur.

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Credit Image: REUTERS/Alexandre Meneghini

La brusque fermeture généralisée des frontières et, dans de nombreux pays, des écoles, des universités, des entreprises et des services publics ainsi que l’interdiction des rassemblements modifient profondément les sociétés. Elles ne seront plus dans quelques mois ce qu’elles ont été avant la pandémie.

Avant toute chose, cette réalité modifie notre conception de la Liberté ; un concept autour duquel les États-Unis se sont fondés. Selon leur interprétation —qu’ils sont les seuls à soutenir— celle-ci ne saurait connaître de limite. Tous les autres États au monde admettent au contraire qu’il n’y a pas de Liberté sans Responsabilité ; par conséquent ils affirment qu’on ne peut exercer de liberté sans en définir les limites. Aujourd’hui, la culture US exerce une influence déterminante un peu partout dans le monde. Elle vient d’être contredite par la pandémie.

Plus de société totalement ouverte

Pour le philosophe Karl Popper, la liberté dans une société se mesure à son ouverture. Il irait de soi que la libre-circulation des hommes, des marchandises et des capitaux est la caractéristique de la modernité. Cette manière de voir a prévalu lors de la crise des réfugiés de 2015. Bien sûr, certains ont souligné depuis longtemps que ce discours permet aux spéculateurs comme George Soros d’exploiter les travailleurs dans les pays les plus pauvres. Il prône la disparition des frontières et donc des États dès à présent au profit d’un gouvernement supranational global à venir.

La lutte contre la pandémie nous a soudain rappelé que les États sont là pour protéger leurs ressortissants. Dans le monde post-Covid-19, les « ONG sans frontières » devraient donc progressivement disparaître et les partisans du libéralisme politique devraient se souvenir que sans État, « L’homme n’est qu’un loup pour l’homme », selon la formule de Thomas Hobbes. Il s’en suivra par exemple que la Cour pénale internationale apparaîtra comme une absurdité au regard du Droit international.

Le revirement à 180 degrés du président Emmanuel Macron illustre cette prise de conscience. Il y a peu encore, il dénonçait la « lèpre nationaliste » qu’il associait aux « affres du populisme », aujourd’hui il glorifie la Nation, seul cadre légitime de mobilisation collective.

Intérêt général

La notion d’Intérêt général, que la culture anglo-saxonne conteste depuis l’expérience traumatisante d’Oliver Cromwell, est indispensable pour se protéger d’une pandémie.

Au Royaume-Uni, le Premier ministre Boris Johnson, peine à décréter des mesures autoritaires pour un impératif sanitaire, son peuple n’admettant cette forme d’autorité qu’en cas de guerre. Aux États-Unis, le président fédéral, Donald Trump, n’a pas le pouvoir de décréter le confinement de la population sur tout son territoire, cette question étant de la stricte compétence des États fédérés. Il est obligé de tordre les textes, dont le fameux Stafford Disaster Relief and Emergency Assistance Act.

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